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Saudaá Group, littéralement « groupe de la bile noire » ou « groupe mélancolique », est le nom donné à l’aventure nomade et poétique menée depuis 2014 par le musicien français Alexis Paul, autour d’un instrument  portatif de musique mécanique à vent : l’orgue de barbarie. À la recherche d’un nouvel imaginaire, équipé d’un jeu à pilotage électromécanique, Saudaá Group convoque, en solo ou à plusieurs, musique électronique, textures répétitives, création contemporaine ou répertoires folkloriques.

Sur fond d’expérience sociale, puisant l’inspiration au cœur d’un instrument aux symboliques multiples, Saudaá Group montre la musique comme « outil » et s’inscrit dans l’idée de « mondialité », développée par le poète Édouard Glissant. Son travail, où l’intention prime sur la production culturelle, s’articule autour du concept d’orgue-paysage, c’est à dire d’un instrument qui serait davantage un passeur, un révélateur. Saudaá Group emprunte une passerelle inattendue : un rêve qui s’ouvre sur une plaine où l’orgue du nomade résiste à la disparition, célèbre les âmes et le paysage.

À cette dimension transversale, s’ajoute un panel d’expériences liées aux spécificités de l’instrument, ancré à la fois dans une fonction sociale et dans une avant-garde technique. Plusieurs pistes éducatives ou artistiques sont alors développées en rapport avec l’écriture, l’éthnopoétique, le textile, la photographie ou encore le collage.


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2016 : ANNÉE INITIATIQUE

Le 5 février 2016, Saudaá Group entame un longue année de résidences autour du monde. Ce projet initiatique et solitaire, préparé pendant 3 ans depuis Paris, fait escale au Maroc, en Uruguay, en Argentine, au Japon, en Mongolie, au Portugal, en Islande, en Géorgie, en Arménie, au Liban et en Grèce. Plus de 30 musiciens collaborent au projet, dans des esthétiques allant de la musique expérimentale aux répertoires traditionnels. Suivi par France Musique sous forme de cartes postales sonores, l’enjeu du projet est d’une part de diffuser, au sein d’un espace géographique très large, un imaginaire renouvelé pour l’instrument et d’autre part, de mettre à jour la matière poétique qui relie la musique à son environnement. Il s'intéresse notamment à la solitude et la mélancolie, forces puissantes d’interaction et de médiation. 


ORGUE DE BARBARIE

 

L’orgue de barbarie est un automatophone à vent, utilisant le principe de la carte perforée pour produire du son. Associant les techniques de l’orgue liturgique à celles de l’horlogerie et de la mécanique, il apparait largement au 18e siècle, généralement joué dans les rues par des nomades ou des étrangers (du grec barbaros qui lui donnera son nom). Il incarne une culture populaire, conviviale et le symbole d’une musique accessible à tous. Plus généralement, la musique mécanique est le résultat de longues recherches menées au fil des siècles pour tenter d’automatiser la musique et la reproduire. Elle trouve ses racines dans la Grèce antique ou la cour du Calife de Bagdad au 7e siècle. Ancêtre du langage MIDI et du code informatique, symbole d’échanges et de métissages multiples, cet instrument ancien est tout particulièrement ancré dans notre temps.

 

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